« Chacun de nous pense posséder le monopole de la souffrance, on aborde fièrement nos cicatrices et on n'aime à rappeler à quel point nos vies sont tristes & cruelles. On est le nombril du monde et tous prétendent avoir grandi à l'ombre du bonheur. On se fait notre ciné dans le vacarme de nos plaintes, il y a tant de gens que l'on n'entend même plus pleurer. Tu sais on ne souffre pas qu'en banlieue, partout tu peux lire le même manque d'amour dans les yeux. La détresse n'a pas de couleur ( ... ) Réveille toi, sous combien de peaux blanches se cache la douleur ? Chacun ses secrets, emmurés dans le silence, ces hémorragies internes qui nous font pleurer en silence. A chacun sont ghetto, chacun porte son fardeau, tu peux grandir à l'air libre, mais comme derrière les barreaux . Mal être chronique, nos douleurs qu'on traine, on espère qu'elles disparaissent mais en faites elle hibernent, dans les veine de nos plaies, mon c½ur la renferme, c'est une peine sans sursis, à vie c'est du ferme. & on se cache pour pleurer, si on sourit au monde c'est en espérant le meurer parce qu'au fond qui peut réellement savoir ce qui nous tue & ce que l'on est ? Les gens se contentent de ce qu'on paraît, pas vrai ? Souffrir sans pouvoir le dire c'est pire, moi j'ai encore la chance de l'écrire ( ... ) Anorexie de bonheur, tous chantonnent leurs vies en ré mineur même mineurs. Ne crois jamais être le seule à pleurer de quoi inonder le sol, certains enveloppent leur tristesse mais seuls ils finissent, pleureur comme le saul. Ecoutes pas trop les c½urs; ils font Boum - Boum au rythme des peurs, Boum - Boum chacun porte son fardeau. Des c½urs gèlent et prennent les faux semblants comme manteaux, quand d'autres se replient dans la violence, se cachent derrière l'arrogance, traduisent leur tristesse par l'insolence. Les gens cachent leurs douleurs, se tiennent debout comme des arbres mais leurs branches sont d'argile, du cristal sous du marbre. Les blessures mortelles sont celles qu'on peut confier, si on se sent asphyxié c'est qu'on tente de les étouffer. »
Kerry James.
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